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Comment écrire un scénario ?

white paper

Écrit par

Paul AGAT

dans

Guide
22 octobre 2021
person typing on green typewriter on brown wooden table - écrire un scénario
Photo by Ron Lach on Pexels.com

Alors, comment écrit-on un scénario avec ou sans budget ? Avec ses doigts, fort heureusement.

Cet article est long, très long :

7–10 minutes

Pour commencer, nous dirons qu’il y a seulement quelques règles à connaître sur le scénario.

Les règles de base du scénario.

L’intégralité du scénario doit être écrite au présent de l’indicatif, en police standard (Courier, Arial), taille 12, au format justifié pour les descriptions. Tandis que les dialogues doivent tous être centrés et le prénom du personnage qui s’exprime doit être en lettres CAPITALE.

Illustration d'un scénario. CLAP ! ÇA TOURNE ! - écrire un scénario
Exemple d’un scénario, dont la présentation a été modifiée pour estimer la durée totale du film.

Et, c’est tout.

Ça a l’air un poil trop facile, non ?

C’est vraiment si simple ?

Eh bien, la présentation du scénario, c’est la partie facile. Maintenant, il faut l’histoire.

La première étape généralement, avant de taper le « scénario », c’est de rédiger un traitement. Un traitement, c’est un très long synopsis qui représente, en termes de longueur, disons 1/6ᵉ de la continuité dialoguée. La continuité dialoguée, c’est ce qu’on appelle communément : scénario. Pour un film de quatre-vingt-dix minutes, le traitement fera quinze pages. Pour cent vingt minutes, il en fera vingt, et ainsi de suite.

C’est long, c’est chiant, mais ça permet d’avoir une idée globale ainsi qu’une structure de l’histoire qui sera racontée avant de passer à la continuité.

Pourquoi est-ce si compliqué ?

OK, d’accord. Comment je structure alors ?

Là, on commence à rentrer dans le dur. Il n’y a pas de recettes miracles pour structurer une histoire. Mais, d’abord, il faut déjà trouver son histoire.

Comment je trouve mon histoire ?

Ce qu’il y a de mieux à faire, pour commencer, en tout cas, c’est de prendre un sujet qui nous tient à cœur. Un sujet qu’on maîtrise, un thème familier. Ainsi, on s’évite tout un travail de recherche — dont le seul but est de rendre l’histoire plus crédible — et ça permet aussi d’éviter d’écrire des histoires trop « téléphonées », trop alambiquées.

Plus votre histoire est personnelle, plus elle résonne avec le spectateur et, par conséquent, elle est davantage originale.

Et, si ma vie est parfaitement banale, je fais comment ?

Eh bien, là, il faut inventer. Il sera absolument nécessaire de faire des travaux de recherche pour éviter, non seulement, de copier ce qui a été fait, mais également pour assurer une cohérence dans l’histoire racontée.

Au bout du compte, soit, on a cela en soi : un talent inné pour l’écriture. Soit, on l’apprend. Et donc, on lit énormément, on regarde beaucoup de films et on cultive son imagination. On ne peut pas faire autrement. Inventer, ça ne tombe pas du ciel. C’est quelque chose qui se travaille.

Ensuite, quand on a une base pour son histoire, on commence à la travailler et à la structurer.

La ST-euh-RUC-TURE.

Je pourrais laisser ce paragraphe vide. Il n’y a pas une « structure » mais des structures. En effet, il existe autant de structures qu’il existe de scénaristes.

Pour être sûr et certain de ne pas partir dans tous les sens, il est primordial de connaître, tout d’abord, sa fin. La conclusion.

Si vous savez, avant même de commencer, où vous voulez aller, il sera beaucoup plus aisé de s’y rendre. C’est un conseil, pas une obligation.

On s’est un peu perdus pendant l’écriture…

Une petite structure pour la route ?

Il faudrait tout de même conserver une structure du type :

  1. L’exposition : où les personnages, l’histoire, le contexte ainsi que les enjeux sont présentés. C’est une première partie qui représente entre vingt-cinq et trente-cinq pour cent de la durée totale du film. Cette exposition peut être bien plus courte, il n’y a pas de règle écrite.
  2. Obstacles, conflits et épreuves : la partie la plus importante du film, partie représentant plus de cinquante pour cent de la durée totale du film, celle où les personnages évoluent, où ils franchissent (ou non) les épreuves insurmontables, celle qui mène au climax inévitable : le point ultime, culminant et de non-retour du conflit menant donc à sa…
  3. Résolution : c’est ici que surviennent le dernier conflit et sa résolution qui mènent en conséquence à la seule conclusion logique pour le héros (et ses acolytes). La partie la plus courte du film.

Il s’agit là de la structure typique de toute œuvre « artistique ». Un début, un milieu et une fin.

Si cette structure est trop simpliste et que vous n’arrivez pas à écrire, alors vous pouvez adopter (ou non) la fameuse structure narrative dite du “Voyage du Héros“, mais vous pouvez aussi déstructurer complètement votre histoire. Entremêler les différentes étapes, les différents pans de votre histoire sans vous soucier de la continuité.

Votre structure trouvée, il ne reste qu’à écrire le traitement qui, pour l’instant, n’est qu’un gros résumé – toujours au présent – de votre histoire en développement. Mais avant cela, il faut vérifier que tout est prêt pour commencer à taper.

Littéralement : je suis confus.

Hein ? Qu’est-ce qu’il raconte, le monsieur ?

Vous savez désormais ce qu’est un traitement, vous savez comment trouver une histoire, vous savez comment cultiver votre imagination.

C’est excellent.

Le message.

Mais, avez-vous déniché le message de votre film ? Son but ultime ? Le point de vue que vous défendez ? Puisqu’il s’agit là du but même d’un film. Vous avez une vision à défendre, vous avez une histoire à raconter, pourtant est-ce que ce message est bien clair, limpide avant même de commencer ?

Est-il trop noyé, flouté, inexistant dans le film que vous écrivez ?

Êtes-vous certain(e) que le point de vue adopté, la structure, la narration adoptée se prêtent au(x) message(s) que vous souhaitez véhiculer ?

Les personnages.

Est-ce que vos personnages sont attachants ? Suscitent-ils suffisamment d’empathie afin que le spectateur puisse s’identifier à eux ?

L’antagoniste, l’antihéros a-t-il un but ? A-t-il toujours une part d’humanité ? Si ce n’est pas le cas, savez-vous pourquoi ? (Il est méchant parce que c’est un méchant n’est pas une réponse valide, ici.) Qu’est-ce qui le motive, lui ?

Qu’est-ce qui le motive, lui ?

Vous devez connaître tous vos personnages, vous devez les connaître comme s’il s’agissait de vos meilleur(e)s ami(e)s, vous savez ce qu’ils aiment, ce qu’ils détestent, leur couleur préférée, la couleur des yeux du chien de leur père, ce qui les motive, ce qui les rend plus forts, ce qui les affaiblit. Vous ne pouvez pas laisser de zone d’ombre.

Si vous êtes capables de répondre à toutes ces questions, que vous véhiculez un message clair, que vos personnages ont une âme, une motivation claire, nette et précise, alors, seulement là, vous êtes prêt(e).

Vous n’arrivez pas à répondre à certaines questions (ou à toutes) ? Pas de panique. Prenez un livre, lisez-le. Trouvez un film, regardez-le. Recherchez désormais les motivations des différents personnages, recherchez le message, le point de vue défendu par le(la) romancier(e)-scénariste.

Vous avez réussi à les identifier dans ces œuvres ? Il vous suffit de faire pareil mais avec votre film.

On y va, maintenant !

OK, je suis prêt(e), et maintenant ?

Désormais, il faut taper le traitement dont la longueur dépend de la durée totale de votre film. Une fois ce précieux document rédigé, on peut passer à la suite.

On peut passer au séquencier.

C’est quoi, ça, encore ?

Le séquencier, c’est l’étape intermédiaire avant la continuité dialoguée. Là, le scénario commence à prendre vie, graduellement. Vous devez déjà commencer à détailler l’ensemble des scènes, mais pour l’instant, vous oubliez les dialogues.

Enfin, pas complètement, à cette étape de l’écriture, les dialogues sont plutôt “rapportés”, autrement dit, les personnages ne s’expriment pas directement, leurs paroles sont distillées succinctement dans les descriptions et actions.

Illustration du séquencier. CLAP ! ÇA TOURNE ! - écrire un scénario
Même exemple qu’en haut, mais en version séquencier.

Cette étape, plus ou moins importante, permet déjà de s’assurer que la structure choisie est cohérente, qu’il ne manque rien à votre histoire. Elle permet aussi de connaître la longueur globale de votre film et de vérifier que des creux trop longs ne viennent pas plomber votre narration.

Si vous avez répondu à toutes les questions, plus haut, que vous connaissez vos personnages, votre histoire, le point de vue que vous défendez, il ne reste qu’à taper.

C’est dans la boîte.

C’est bon, c’est tout ?

Si vous êtes finalement satisfait(e) de votre séquencier, alors vous pouvez commencer à rédiger la continuité dialoguée et donc à présenter votre scénario conformément à ce qui est pratiqué dans la profession avec des personnages bien vivants, qui s’expriment.

Je fais comment pour connaître la durée de mon film ?

La règle, c’est : une page est égale à une minute de film.

Mais cette règle fluctue en fonction du type de scénariste que vous êtes. Vous adorez les longues descriptions ? Alors, vous pouvez retirer quinze secondes à votre page. Vous aimez les longs dialogues qui tirent sur le monologue ? Une fois encore, vous pouvez ôter dix secondes.

Additionnez ces chiffres tout au long de votre scénario, vous avez une durée globale. En général, c’est l’un des assistants du réalisateur, ou un assistant de production qui doit chronométrer le scénario, l’estimer en fonction de son expérience. En effet, le scénariste, à moins qu’il soit aussi réalisateur et qu’il doive absolument respecter une certaine durée, se contrefiche absolument de la longueur de son scénario.

Sauf s’il est creux. Et bien évidemment, s’il manque d’action, de conflits, de buts.

J’ai fini d’écrire mon scénario, maintenant, on tourne ?

Eh bien, non. Pas encore. À présent, on prend du recul. On souffle un coup. On regarde un film, on sort et on se fait une balade. On voit ses amis, on fait ses courses, on oublie ce scénario. On prend un bouquin, ou deux.

On oublie ce maudit scénario, on laisse toute l’histoire maturer dans un coin. Après une dizaine de jours, on y retourne et on passe toute l’histoire en revue. En êtes-vous toujours satisfait(e) de cette histoire ? Est-ce qu’il manque quelque chose ? Est-ce qu’il y a quelque chose en trop ? Est-ce qu’il faut réécrire ?

Vous ne savez ? Faites-vous relire par quelqu’un d’autre et attendez ses commentaires. Vous êtes satisfait(e) de votre travail ? Alors, maintenant, on passe à la suite.

À propos de l'auteur

Photo de profil, Paul AGAT (2022)

Paul AGAT

Autodidacte et touche-à-tout, je me suis entièrement consacré à l’écriture de scénarios, ainsi qu’à la réalisation, au montage, à l’étalonnage, au mixage et à la réalisation d’effets spéciaux pour l’art cinématographique et audiovisuel.

De la 3D au dessin plus traditionnel, je développe des outils informatiques, des sites web et — parfois — je cuisine.

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